Lutter contre l’analphabétisme numérique. Mais de qui ?
2 November 2005 | Published in Real life, Software
On ne saurait reprocher à l’enseignement de la Communauté française de Belgique de faire une place à l’informatique dans son cursus. Tout au plus faudrait-il se demander s’il est bien logique que le ministère de la fonction publique paie 69 € par an et par machine pour avoir le droit d’utiliser Microsoft Windows et Office, alors qu’il s’agit pour Microsoft d’utiliser l’enseignement et les enseignants pour faire la pub de ses produits et s’assurer que les élèves n’auront pas été exposés à des alternatives.
Il semble cependant que les logiciels sont fournis sans aucune formation. Un exemple vécu dans l’établissement scolaire de mes enfants: le directeur à jugé pratique de permettre l’accès en réseau au disque dur de son ordinateur en mode lecture et écriture à tous. Il est certain que cela permet aux enseignants de mettre à jour les fiches individuelles des élèves.
Il est tout aussi certain que cela permet aux élèves de "mettre à jour" eux-mêmes lesdites fiches. Est-ce que cela constitue du piratage informatique ? On peut en douter, puisque la direction n’a pas pris les mesures minimales de sécurité. Il y a presque une incitation à commettre une blague de potaches. Jusqu’içi, cela s’est limité à changer la photo du condisciple qu’on n’aime pas. Sous peu, l’élève en question s’attribuera de meilleures notes à lui-même et à ses copains. Qu’en pensera la Commission d’Homologation des diplômes ?
Tout le problème içi est que les compétences des élèves sont supérieures à celles de ceux qui sont senser les enseigner. Le directeur n’est vraisemblablement pas conscient des risques qu’il a lui même créés. Monsieur Eerdekens veut lutter contre l’analphabétisme numérique des élèves. Fort bien. A quand la lutte contre l’analphabétisme numérique du corps enseignant ?

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